La Parenthèse Étoilée : Le ciel de septembre 2022

Au programme de ce second épisode de La Parenthèse Étoilée, balade lunaire, l’agenda du mois et le focus zodiacal !

Bonjour et bienvenue dans ce second épisode de la parenthèse étoilée présentée par Alain JUPIN,

SCRIPT

Le ciel de l’été indien et de la rentrée nous offrira-t-il de belles observations pour ce mois de septembre ?

Comme a l’accoutumée, nous commencerons nos éphémérides par une balade lunaire, suivi de l’agenda du mois et de la visibilité des planètes avant de terminer par le focus sur la constellation zodiacale du Capricorne.

Je vous signale que depuis le premier épisode, en vous rendant sur mon site Internet : https://www.jupin.net vous trouverez l’article complet de ce podcast avec notamment différentes illustrations et liens (le cas échéant).

Je rappelle que toutes les horaires sont exprimées en heure universelle, sauf si cela est clairement exprimé. Il vous faudra donc ajouter 2H pour les observateurs en France métropolitaine, 4H pour les réunions et enfin 11H pour les Polynésiens ou retirer respectivement 3 ou 4H pour les observateurs Guyanais ou Antillais.

BALADE LUNAIRE

Commençons ces éphémérides septembrales par notre traditionnelle balade lunaire.

Le premier week-end sera marqué par le premier quartier, le samedi 3, le samedi 10 sera le week-end de la pleine Lune ce mois-ci appelée pleine Lune des récoltes, le samedi suivant, le 17, nous serons au dernier quartier, avant de terminer cette lunaison le dimanche 25.

Lors du premier week-end, le samedi 3, vous trouverez le terminateur au niveau des formations de la chaîne des Appenins mais aussi du cratère Cassini et des trois cratères dont ont a déjà parlé le mois dernier, Ptolémée, Alphonse et Arzachel.

Le soir du 8 septembre, la Lune viendra rendre visible à la fameuse planète aux anneaux, Saturne. Un joli spectacle avec les deux astres séparés de 4° à peine, donc visible simultanément dans des jumelles.

Le week-end suivant, ce qui nous met au 11 septembre, la Lune sera pleine, pas vraiment la période idéale pour l’observation (de même que le reste du ciel). Mais en ce soir de quasi pleine Lune, profitez de vos jumelles pour observer l’astre brillant qui la côtoie … c’est la plus imposante des planètes, Jupiter. 3 diamètres lunaires séparent les deux astres, soit 1,5 degrés environ.

Je le précise ici, plus pour information, mais le 10 septembre, la plus éloignée des planètes, Neptune, sera en conjonction à moins de 3 degrés de la pleine Lune, autrement dit pas les conditions idéales pour faire une jolie observation.

Le 14 septembre, il y aura un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte, l’occultation d’Uranus par la Lune. En France métropolitaine, Uranus disparaîtra vers 23h10 (heure de Paris) et réapparaîtra quasiment une heure plus tard de l’autre côté du limbe lunaire, celui de nouveau dans l’ombre.

Le phénomène ne sera observable qu’en Europe, nord de l’Afrique, mais pas sous les tropiques qui ne profiterons que d’une conjonction à moins d’un degré.

Le lendemain la Lune frôlera à presque 3° le superbe amas ouvert des Pléiades, et le samedi 17, elle croisera à presque 4° la planète Mars. À noter, que ce dernier phénomène est observable en plein jour, idéalement peu après le lever du Soleil. Tous ses phénomènes seront avant tout observables dans des jumelles et non au télescope, car l’écart angulaire est trop important pour de tels instruments.

Le dimanche 17, commencez la journée en observant le dernier quartier lunaire et en vous arrêtant sur le mur droit et les cratères Clavius, Platon et Tycho, tous très proches du terminateur.

Enfin, le 25 septembre vers 5h30 du matin, soit 17 heures avant la nouvelle Lune, tentez de repérer le minuscule croissant lunaire, moins d’1 % de la Lune reflétera la lumière du Soleil. Un spectacle aussi joli que délicat à observer, car au ras de l’horizon, non loin de la planète Vénus.

L’AGENDA DU MOIS

Pendant tout ce mois de septembre, les piliers galactiques et l’arche de la Voie Lactée sont encore idéalement placés pour un joli spectacle surtout quand la Lune est couchée. S’étirant d’est en ouest, de Cassiopée au Sagittaire, admirez le bandeau galactique comme suspendu au zénith. En début de nuit, le centre galactique, accompagné des constellations du Scorpion et du Sagittaire permettent encore pour photographier les « piliers » galactiques, notamment en début de mois.

Le 2 septembre, le plus gros satellite de Saturne, Titan est a son élongation maximale à un peu plus de 3 minute d’arc à l’ouest de la planète. Cela se reproduira le 18 mais aussi le 10 et le 26 mais de l’autre côté, à l’est de Saturne. Le 10, le satellite Rhéa sera lui aussi à son élongation maximale, du même coté que Titan, tandis que le 26 ils seront opposés, de part et d’autre de la planète.

Le 7 septembre, l’amas des Hyades dans le Taureau se terminera par Aldébaran d’une part, un brillante étoile à la couleur orangée, tandis l’autre branche de l’amas sera terminé par Mars, la planète rouge-orangée. Une belle occasion pour laisser vagabonder ses jumelles dans cet immense amas ouvert en forme de V représentant les cornes du Taureau, plutôt en fin de nuit lorsque la grosse Lune gibbeuse sera couchée et l’amas haut perché dans le ciel au-dessus de la constellation d’Orion.

Vers 20 heures le 19, les quatre satellites galiléens sont alignés à l’est du disque jovien dans leur ordre naturel : à savoir Io, Europe, Ganymède et Callisto.

Le 23 septembre à 6h49, c’est l’équinoxe d’automne. Étymologiquement formé de « aequus »et « nox », respectivement « égal » et « nuit » en latin, c’est le jour ou partout sur Terre, la durée de la nuit est égal et par voie de conséquence, le jour ou la nuit égale le jour.

Le Soleil traverse le plan équatorial terrestre et change d’hémisphère.

L’équinoxe d’automne peut tomber dans notre calendrier grégorien entre le 21 et le 24 septembre. La date du 21 ne s’est jamais produite, rendez-vous en 2092 pour la première occurrence, une date tout aussi exceptionnelle que le 24 septembre qui ne s’est produite que 10 fois depuis l’instauration du calendrier grégorien 1582, la dernière fois c’était en 1943 et il faudra attendre 2303 pour la prochaine.

Enfin pour terminer cet agenda du mois, pour le dernier week-end de septembre, nouvelle lune oblige, si vous disposez d’un ciel bien noir, c’est l’occasion de repérer la lumière zodiacale.

Il s’agit de la diffusion de la lumière solaire par des myriades de micro-particules orbitant dans un gigantesque anneau situé sur le plan de l’écliptique et s’étendant jusqu’à l’orbite de Jupiter.

Ces particules microscopiques sont les restent de comètes ayant dispersées leur matière.

Elle s’observe à l’aube sous la forme d’une pâle lueur s’étendant du Lion au Cancer. Le phénomène est observable jusqu’à début octobre.

VISIBILITÉ DES PLANÈTES

Continuons ces éphémérides avec la visibilité des planètes dans le ciel.

Commençons par le Soleil qui entame le mois dans la constellation du Lion, jusqu’au 17 septembre à 1 heure 32 ou il entrera dans la constellation de la Vierge, la plus grande constellation qu’il aura à traverser. Pour les astrologues, il est en Vierge jusqu’au 23 septembre à 1h03 ou il entrera dans le signe de la Balance.

Quant à Mercure, bien que commençant le mois quasiment à son élongation maximale, en Europe, elle sera inobservable durant tout le mois, car se couchant trop peu de temps après le Soleil.

En revanche, sous les tropiques elle est encore très bien placée pendant la première semaine de septembre, puis sa plongée vers le Soleil la rendra de moins en moins visible.

Pour Vénus, son élongation avec le Soleil fond comme neige et Soleil, visible 1 heure avant le lever du Soleil, en fin de mois elle ne sera visible dans des jumelles qu’une demi-heure avant le lever du Soleil. Même avec son puissant (on frôle la magnitude -4), il faudra miser sur une atmosphère la plus transparente possible pour tenter de l’observer.

Pour les amateurs de défis, rendez-vous le 25 pour l’observer aux cotés de minuscule croissant lunaire au ras de l’horizon est-nord-est.

Elle passera la majeure partie du mois dans le Lion avant d’entre le 24 dans la Vierge.

Pour la planète rouillée, Mars, sa bonne période d’observation débute, elle est de plus en plus haute dans le ciel. En milieu de mois, elle se lève deux heures après le crépuscule astronomique. La rendant observable pendant une grande partie de la nuit dans de bonnes conditions aussi bien en Europe que sous les tropiques. Elle sera durant tout le mois dans la constellation du Taureau et dans le signe astrologique des Gémeaux.

Jupiter, la plus imposante des planètes du système Solaire, du fait de sa rétrogradation qui commence le premier du mois, va quitter la Baleine, pour retourner dans les Poissons. Mais elle restera pendant tout le mois dans le signe du Bélier.

Les conditions d’observations sont idéales, à presque 45° au-dessus de l’horizon en Europe, et quasiment au zénith sous les tropiques. En effet, le 26, jour de son opposition, elle sera aussi à son périgée (le point de son orbite le plus proche du Soleil), la ramenant à 591 millions soit 33 minutes-lumières ou 2 700 ans-vélo ! La plus courte distance Terre-Jupiter de tout le XXIè siècle.

Si le ballet des lunes galiléennes est déjà magnifique dans des jumelles, il faudra un petit télescope pour profiter des détails de la haute atmosphère jovienne et d’un télescope d’au moins 300mm pour observer clairement la forme et la couleur de la grande tache rouge.

La planète auréolée, Saturne, toujours rétrograde, ne quittera pas la constellation du Capricorne et le signe du Verseau. Ces anneaux sont inclinés d’environ 15° par rapport au point de vue terrestre sont clairement distinguables avec un télescope, même de petit diamètre. C’est toujours et encore une très bonne période pour son observation du fait du plan de l’écliptique qui s’élève sur l’horizon. Sous les tropiques les conditions d’observations restent excellentes durant tout le mois, malgré un éclat diminuant au fur et à mesure qu’elle s’éloigne de notre planète.

Uranus, La jolie planète turquoise restera rétrograde tout le mois dans la constellation du Bélier, Bien que non observable à l’œil nu (sauf dans un très bon ciel bien noir et une bonne vue), il faut des jumelles pour la repérer ou un petit télescope pour l’observer dignement. À ne pas manquer, le rendez-vous du 14 septembre déjà évoqué dans la balade lunaire.

Neptune, la plus lointaine des planètes du système solaire, sera dans le Verseau pendant tout le mois et en opposition le 16 septembre, à 4,3 milliards de km des terriens. Pour son observation, un télescope sera nécessaire pour observer dans de bonnes conditions sa couleur bleutée.

FOCUS ZODIACAL

Après la constellation du Sagittaire présentée en août et en toute logique, ce mois-ci nous allons découvrir le Capricorne. Cette grande constellation, assez discrète dans le ciel est traversée par le Soleil du 20 janvier au 16 février. Son repérage est assez délicat, car à l’exception d’Algédi, Deneb Algedi et Dabih, la plupart des étoiles formant la chèvre sont assez discrètes. On la repère cependant assez facilement dans un ciel sans Lune, cette année aidé par la présence de Saturne, qui la traverse depuis le 15 décembre 2020.

Dans la mythologie grecque, le Capricorne n’est autre que la chèvre qui nourrit Zeus, le Dieu suprême du Ciel, lors de son enfance. Pour d’autres, il s’agit de Pan, tentant d’échapper au monstre Typhon. Ayant l’apparence d’une chèvre, il voulut se transformer en poisson. Mais lors de son plongeon, la transformation n’eut pas lieu, du moins pas entièrement, car seul son arrière-train le devint donnant sa représentation actuelle de chèvre avec une queue de poisson.

CONCLUSION

Pour conclure cet épisode, n’hésitez pas comme pour les précédents à me faire vos remarques et commentaires, indispensables pour améliorer ce podcast astronomique.

Je vous donne rendez-vous le mois prochain. D’ici-là je vous souhaite une belle rentrée scolaire bien sûr, professionnelle, littéraire astronomique, lite, de belles vacances pour ceux qui les prennent en décalées et je vous dis à bientôt.